3 questions à Pierre Perret
Écrit par Gilbert Jouin Mercredi, 10 Décembre 2008 22:20
3 questions à Pierre Perret, qui, après avoir été double disque d’or pour son album Le plaisir des dieux, revient aujourd'hui sur le devant de la scène avec Les dieux paillards (disponible depuis le 12 novembre 2008), et son dernier ouvrage A cappella.
Votre livre a été titré A cappella . D'où vient ce titre ?
Je trouve que ça résume assez bien mon parcours depuis mes débuts de chansonnier, jusqu’à aujourd’hui. Le cheminement de mes chansons a toujours été ainsi, a cappella, sans accompagnement formel. Les cinq ou six premières années où j’ai commencé à chanter, je m’accompagnais tout seul à la guitare. C’était pratiquement a cappella, presque sans rien. J’aurais pu ne pas avoir de guitare aussi. Je n’avais pas les moyens de m’offrir un accompagnateur, ni un bassiste, ni un pianiste. J’ai appris maladroitement la guitare pour commencer à jouer sur mes chansons.
Tout au long de cet ouvrage, Georges Brassens apparait en fil rouge. En raison de son attitude pour le moins cyclotimique à votre égard, ne semblez-vous pas nourrir une certaine amertume ?
J’ai été amer et même certainement blessé. Ça m’a laissé des cicatrices qui sont pour moi pas agréables à me remémorer. On se voyait tous les jours, il y avait quinze ans qu’on était amis. Quand j’ai enregistré mon premier disque de chansons, et que tout content je lui ai amené chez lui à l’Impasse Florimont, il a gardé le disque. Je l’ai vu quelques temps après et il ne m’en a pas parlé du tout. Après, son attitude a complètement changé avec moi, je ne sais pas pourquoi. Il y a beaucoup de critiques dans les journaux qui ont commencé à évoquer le nom de Brassens, en disant de moi « Il veut faire du Brassens… ». Je ne sais pas si c’est ça qui lui a déplu. C’était l’omerta. Il ne m’a jamais parlé de mes chansons du tout. Peu à peu, les choses ont commencé à se déliter doucement. J’allais le voir à l’Impasse, on parlait de tout sauf de chansons et surtout des miennes. Après, une chose plus grave s’est passée, la tendance s’est inversée. Le jour où j’ai fait des salles un peu importantes comme le Bobino et à fortiori l’Olympia et que j’ai commencé à faire des chansons comme Le tord boyau, ou Blanche, Les colonies de vacances, de nombreuses critiques ont écrit à ce moment là que certaines chansons semblaient sortir directement de la guitare de Brassens, ou qu’il s’agissait de chansons que Brassens ne pourrait pas renier, des chansons dignes des plus grands, en citant Brassens, Prévert et d'autres. Cela m’a beaucoup peiné mais c’est ainsi.
La scène Des Trois Baudets, qui revient souvent dans votre ouvrage, représente-t-elle un symbole pour vous ?
C’est le berceau de la toute première émotion que j’ai eu. Les premières chansons que j’ai commises ont été chantées ici, aux Trois Baudets, par une fillette pour laquelle je les avais écrites. Au premier rang, il y avait un plateau très impressionnant, avec le directeur et fondateur des Trois Baudets, qui n’était autre que Jacques Canetti, et trois ou quatre autres personnes que je ne connaissais pas à ce moment là. La fillette pour laquelle j’avais écrit ces chansons les a chantées ici, devant ces gens là et la salle vide hormis ce mini jury composé de cinq ou six personnes.
Le portrait de Pierre Perret
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