Philippe Besson, vous connaissez ?
Écrit par Julien Peres Jeudi, 19 Février 2009 17:54
Juriste de formation, Philippe Besson est aujourd’hui un écrivain renommé et un critique littéraire en vue. La trahison de Thomas Spencer en librairie, un créneau sur Europe 1 et une place sur Paris Première font de lui l’un des littéraires les plus people ces temps-ci. Mais qui connaît vraiment Philippe Besson ?
Il n’aime guère les compétitions et les prix « j’ai l’impression qu’on lance des pouliches dans une course de tiercé où tout est jeu d’influence. Tout cela ne m’intéresse pas du tout. » et par fidélité à sa maison d’édition (juillard) il se met volontairement l’écart. Philippe Besson avance depuis quelques années avec ses lecteurs et l’appui d’une critique majoritairement positive. Pourtant sous l’écrivain se cache un - très - audacieux personnage.

« j’ai souvenir de quelqu’un d’agréable, à l’écoute, à la recherche des traits de caractère humains à défaut de pouvoir juger de compétences techniques. » Alors qu’il fallait passer dans le bureau du DRH qu’il était à l’IFOP, voilà ce que certains ont pensé de lui. Il est rare chez un auteur de trouver une carrière aussi atypique : mais Philippe Besson a le sens des affaires et le talent d’une vraie plume. D’abord enseignant en droit social, c’est ensuite au côté de Laurence Parisot Pdg de l’IFOP qu’il va officier. Plus tard ce sera l’aventure Club Internet « Je garde un très bon souvenir de ces années où nous avons sillonné l'Argentine, la Chine et les Etats-Unis pour racheter des entreprises ». Un - presque - carnet de voyage bis et du « Che » mais lui à l’époque n’écrit justement que des carnets.
C’est en 1999 que tout change d’un coup avec une rupture sentimentale dont il tirera partie « Ce qui m’a amené à l’écriture n’est pas le malheur mais la disponibilité que m’a donnée cette rupture ». Des carnets et des lettres, il va passer aux livres. En 2002 Un garçon d'Italie est sélectionné (sans succès) pour les Prix Goncourt et Médicis. Dès lors le choix est vite fait, il va se consacrer à l’écriture.

« J'aime passionnément inventer des histoires »… et plus encore! serait-on tentés de rajouter. Des tensions, des rapports humains et comme chez tout romancier : la trace d’un vécu… entre les lignes. Ecrivain à image, il plaît à l’industrie cinématographique et aux réalisateurs qui comptent - Son frère a été mis en scène par Patrice Chéreau et reçu l’ours d'argent en 2003 au Festival de Berlin. Avec l’appui d’un bon dialoguiste ses romans deviennent des scripts audacieux et demandés. Pourtant selon lui, cet afflux est dû à une panne « Il y a de plus en plus de livres adaptés au cinéma parce qu’on est en déficit d’histoires ». Mais de la feuille de papier à la caméra, Besson ne fait aucune distinction : Une histoire, et c’est tout.
Après les conséquences de l’amour dans ses précédents romans, voici les conséquences de l’amitié. Dans l’Amérique des années 50/60 au creux d’une période entachée de sang et d’attentats, et marquée par la ségrégation raciale, Philippe Besson livre une histoire à consommer d’une traite ou brossés avec rapidité les chapitres sont autant d’idées que de fausses pistes. Une réflexion limpide dont on ne sait jamais quelle tournure elle prendra. Un livre exigeant dont les quelques rappels historiques et autres trop lourdes interactions voulues avec le lecteur sont peut-être le seul défaut. Le « Besson » est à la mode : on aime bien celui-ci.
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