À Londres, la musique française se paye une place au soleil
Écrit par Constance Fontan Lundi, 23 Mars 2009 20:30
God save Rock n’ Roll… and French Music? Impossible n’est pas français… Avec une demande croissante du public, et une logistique simplifiée, il est de plus en plus facile pour les groupes et chanteurs français de se produire à Londres. Ont-ils la côte chez les Anglais ou répondent-ils simplement aux attentes d’un public francophone expatrié déjà convaincu ?
Avant le début de la crise financière, la BBC estimait le nombre de français résidant à Londres à 500 000. Et selon Le Figaro, 60 000 d’entre eux travaillaient encore dans la City en septembre (sur 300 000 au total, soit un sur cinq). Si la capitale anglaise était une ville de l’hexagone, elle serait en troisième position entre Marseille et Lyon. Mieux encore: grâce à l’Eurostar, il est désormais moins long de traverser la Manche plutôt que de se rendre à Bordeaux depuis Paris.
Nos artistes à l’export
Parmi leurs prédécesseurs, Manu Chao et Camille sont devenus des habitués. Valeurs sûres des charts français, Camille a chanté deux fois à guichets fermés dans la capitale anglaise en 2008, d’abord au très prisé Koko de Camden Town (1500 places) en mai, puis au Roundhouse (2000 places) en octobre, salle mythique rouverte récemment où The Doors donna un jour son unique concert londonien. En 2006, Camille avait déjà tapé dans l’œil des Anglais au Shepherds Bush Theatre, une autre salle très convoitée de l’ouest de Londres, devant un public très francophone. Deux ans plus tard, son dernier opus, Music Hole débarque aussi sur le sol british. L’album, presque entièrement chanté en anglais, est bien reçu par les critiques et, à son dernier concert, le public hurle son enthousiasme à coup de bloody hell et de holly f***. Même Jamie Cullum a fait le déplacement. Fan revendiqué de la chanteuse, il avait repris Ta Douleur sur quelques dates françaises, et ce soir-là au Roundhouse, la pair s’offre un bœuf sur scène.
Londres, paradis des musiciens
Certains groupes et chanteurs francophones savent aussi profiter de leur relatif anonymat au Royaume-Uni pour se produire dans de petites salles. En mars 2008, Emily Loizeau, fraîchement nommée aux Victoires de la Musique, s’offrait un tour de chant devant une trentaine de personnes dans un bar de Hackney, à l’est de Londres. La chanteuse moitié anglaise, s’excusant d’avoir trop de titres français à son répertoire, a semblé pourtant plaire à un auditoire majoritairement du coin. Quelques jours plus tard, elle remplissait à son tour le Koko.
La presse britannique s’attache aussi aux chanteuses françaises. Un article publié en Mars dans la version anglaise du Times attire l’attention de ses lecteurs sur « the new queens of French pop » (les nouvelles reines de la Pop française) et s’emballe sur Carla Bruni, Emily Loizeau, Emilie Simon, Charlotte Gainsbourg, Yael Naim et Soko.
L’oreille des anglais
Quant à la musique française, on apprécie simplement le fait que sa récente évolution soit aussi remarquée hors de ses frontières et prise en considération par le baromètre musical anglais. Des têtes d’affiches aux débutants habitués des petites salles françaises, Londres accueille nos artistes. Elle leur donne la possibilité de s’exposer devant un public mixte et lance un bouche-à-oreille mondial. Mais au royaume des Stones et des Sex Pistols, que l’on ne s’y trompe pas, si tous les styles sont appréciés, une qualité est de rigueur pour le chanteur qui souhaite s’exporter, c’est le talent. Les maisons de disque françaises n’ont plus qu’à s’en soucier…
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